Apparus dans les années 90 et démocratisés dans les années 2000, les critères ESG (environnement, social et de gouvernance) ont rapidement irrigué l’univers des entreprises. Par ailleurs, dans l’environnement économique actuel, les entreprises définissent les facteurs de création de valeur. Elles les intègrent à leurs stratégies. De plus, elles tiennent compte des besoins des parties prenantes au quotidien (salariés, consommateurs, partenaires, investisseurs…). Critères ESG : Quelle roadmap mettre en place pour le board ? Éclairage dans cet article.
En 2025, 83 % des sociétés du SBF 120 disposent d’un comité ESG dédié au sein de leur conseil d’administration, contre 73 % en 2023. De plus, la gouvernance ESG n’est plus un sujet de communication. Elle est devenue une obligation juridique et une priorité opérationnelle pour le board.

Critères ESG : de quoi s’agit-il ?
Pour maintenir son activité à flot, voire augmenter son chiffre d’affaires, une entreprise doit nécessairement adapter ses stratégies d’investissement et d’action. De plus, les critères ESG, autrement dit environnementaux, sociaux et de gouvernance, font partie des préoccupations des entreprises au quotidien. On parle aujourd’hui souvent de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) pour mettre en lumière l’intérêt que portent les entreprises aux préoccupations environnementales, sociales et de gouvernance. Cela s’applique dans leur activité. En outre, cela s’applique dans les interactions avec les tiers.
Ces dynamiques révèlent le niveau de transparence d’une entreprise en matière de performance non financière. En outre, contrairement à ce que certains peuvent penser, les entreprises qui choisissent de placer ces dynamiques au cœur de leurs stratégies obtiennent une meilleure performance économique et sociale. Cela est vecteur de croissance. En effet, les meilleurs profils ESG possèdent un portefeuille environ 2,3 fois plus performant sur 9 années (selon une étude ISR and performance de LFDE). Cela s’observe en comparaison avec les pires profils ESG.
CSRD : ce que le board doit savoir
La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose aux grandes entreprises européennes un reporting de durabilité normalisé selon les ESRS (European Sustainability Reporting Standards). En France, elle s’applique aux entreprises de plus de 500 salariés pour les exercices ouverts à partir du 1er janvier 2024, et s’étend progressivement aux entreprises moyennes.
Pour le conseil d’administration, la CSRD crée trois responsabilités directes :
- Validation de la double matérialité : le board doit approuver l’analyse qui détermine quels sujets ESG sont matériels pour l’entreprise.
- Supervision de la stratégie de durabilité : la trajectoire climatique, les objectifs sociaux et les engagements de gouvernance sont soumis à l’approbation du conseil.
- Approbation du rapport CSRD : le rapport de durabilité fait l’objet d’une assurance externe et est validé par les instances dirigeantes, au même titre que les comptes annuels.
Les équipes juridiques jouent également un rôle direct dans cette démarche : revue des clauses de durabilité dans les contrats fournisseurs, documentation des politiques ESG, gestion des risques de non-conformité réglementaire et coordination avec les auditeurs ESG.
Importance d’aligner sa stratégie et son secteur d’activité avec les critères ESG
Au quotidien, prendre en compte les critères ESG dans une entreprise plus responsable ne va pas forcément de soi. Dans un premier temps, les critères ESG doivent nécessairement s’inscrire dans un secteur d’activité qui puisse les accueillir. Il en va de même de la stratégie d’entreprise, à adapter en fonction des questions liées tant à l’environnement, à la situation des salariés et des parties prenantes à l’entreprise. Mais il ne faut pas oublier les questions de gouvernance durable. Cela conduit à mettre en place une stratégie élargie. Cette stratégie tient compte des risques dans l’activité de l’entreprise. Les instances de gouvernance peuvent ainsi partager une vision d’ensemble pour montrer que l’entreprise souhaite intégrer des considérations extra financières. Cela créé de la valeur ajoutée et assure la pérennité de l’activité.
Consultation des parties prenantes
On parle de parties prenantes pour désigner l’ensemble des individus interagissant avec les entreprises. Collaborateurs, fournisseurs, consommateurs, syndicats, pouvoirs publics … Ces acteurs sont indispensables dans la mise en place des outils de RSE puisqu’ils sont pris en considération dans les discussions et les stratégies menées. Une entreprise qui applique des critères ESG est transparente envers ses parties prenantes. En outre, elle n’hésite pas à les consulter. Ce type d’entreprise peut se référer à la norme ISO 26000 si elle souhaite identifier précisément les parties prenantes et dialoguer avec elles.
Définition des axes majeurs et des domaines d’application
Une fois que ces étapes sont terminées, il s’agit de définir précisément les éléments sur lesquels il est important d’agir. Quels sont les axes majeurs d’action dans l’entreprise, permettant de créer une dynamique socialement responsable ? Sur quels domaines l’entreprise peut-elle actionner la démarche en particulier ? Autant d’interrogations qui doivent obtenir une réponse complète et forte. Cela est possible grâce aux attentes des parties prenantes et les projets de développement.
Critères ESG et plan stratégique d’action de l’entreprise
En toute transparence, l’entreprise dresse le constat de sa situation actuelle et ses projets dans le temps (sur un plus ou moins long terme). Elle met en place un plan stratégique d’action pour créer une synergie. Notamment, elle utilise les institutions de gouvernance pour mener à bien une stratégie cohérente et sociale dans l’entreprise.
Une fois que la stratégie est établie précisément et que tous ses contours sont dressés, vient le moment de la mise en application. C’est bien souvent à ce stade que la situation se complexifie pour beaucoup d’entreprises. Au moment de l’étape d’investissement, les Due Diligence ESG sont des outils efficaces pour connaître les risques majeurs liés au déploiement de ces facteurs. Lorsque l’acquisition est terminée, une évaluation des critères ESG matérialise le gain en valeur de l’entreprise. De plus, cela permet d’établir un plan de progression.
Suivi et reporting des critères ESG
Suivre l’évolution des critères ESG dans le temps permet de s’adapter au mieux aux dynamiques de l’entreprise. Cela permet de changer certaines approches qui ne fonctionnent pas comme prévu. En outre, il est possible d’ajouter certains aspects à la stratégie de départ. Pour assurer un reporting il est nécessaire de se doter des meilleurs outils de suivi.
Dans le cadre de la CSRD, le reporting ESG devient un exercice annuel structuré, soumis à vérification externe. Les comités ESG au sein du conseil ont besoin d’un espace documentaire sécurisé pour travailler les données. Ils doivent également préparer les délibérations et archiver les décisions. Le Board Portal de DiliTrust dispose d’espaces de comités distincts. Ainsi, le comité ESG gère sa documentation, ses réunions et ses résolutions de façon indépendante et traçable.
Tableau : roadmap ESG pour le conseil d’administration
| Étape | Actions clés | Rôle du board |
|---|---|---|
| 1. Définition du périmètre | Identifier les sujets ESG matériels (double matérialité) | Valider l’analyse et les priorités |
| 2. Consultation des parties prenantes | Cartographier les attentes internes et externes | Approuver le processus d’engagement |
| 3. Plan stratégique | Définir les objectifs, indicateurs et trajectoire | Approuver la stratégie de durabilité |
| 4. Mise en œuvre | Déployer les actions par pilier (E, S, G) | Superviser l’exécution via le comité ESG |
| 5. Reporting CSRD | Produire le rapport selon les ESRS | Valider le rapport avant audit externe |
| 6. Suivi et amélioration | Analyser les écarts, ajuster les objectifs | Piloter la performance ESG en continu |
Partenaire des directions juridiques et des secrétaires généraux dans leur gouvernance, DiliTrust propose des outils concrets pour accompagner cette démarche. Le module Board Portal de la suite DiliTrust permet de gérer les comités ESG dans un espace dédié. Ainsi, il est possible de dématérialiser les réunions dans un objectif zéro papier. Il permet aussi d’archiver les décisions avec une piste d’audit complète.
FAQ : ESG, roadmap et gouvernance d’entreprise
Qu’est-ce qu’une roadmap ESG pour le conseil d’administration ?
Une roadmap ESG est le plan structuré qui guide le conseil d’administration dans l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance à la stratégie de l’entreprise. Elle couvre six étapes : définition du périmètre (double matérialité), consultation des parties prenantes, élaboration du plan stratégique, mise en œuvre, reporting CSRD et suivi des performances. Dans les entreprises soumises à la CSRD, le board a une responsabilité formelle à chaque étape.
Qu’est-ce que la CSRD et quelles entreprises françaises sont concernées ?
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est la directive européenne qui impose un reporting de durabilité standardisé selon les normes ESRS. En France, elle s’applique en premier aux entreprises de plus de 500 salariés (exercices 2024, rapports publiés en 2025), puis aux entreprises de plus de 250 salariés (exercices 2025, rapports 2026). Les PME cotées ont jusqu’à 2027. Le conseil d’administration est directement impliqué dans la validation et la supervision de ce reporting.
Comment la direction juridique contribue-t-elle à la conformité ESG ?
La direction juridique intervient à plusieurs niveaux dans la démarche ESG. En premier lieu, elle revoit et intègre les clauses de durabilité dans les contrats fournisseurs. La documentation juridique des politiques ESG (code de conduite, charte environnementale, politique droits humains) relève également de son périmètre. À cela s’ajoute la gestion des risques de non-conformité réglementaire (CSRD, taxonomie verte, devoir de vigilance). Enfin, elle collabore avec les auditeurs ESG pour assurer la traçabilité des informations publiées.

