La checklist ultime pour l’IT juridique

Pendant longtemps, la fonction juridique a été considérée comme éloignée du cœur des activités de l’entreprise. Cela peut expliquer une adoption plus tardive des technologies visant à automatiser, accélérer et améliorer le travail juridique. Aujourd’hui, les outils juridiques ne sont plus des applications isolées utilisées uniquement par la direction juridique. Ils font désormais partie intégrante de l’écosystème technologique global de l’entreprise. L’IT juridique est devenue une réalité : une solution LegalTech ne peut plus être choisie sans un travail conjoint entre l’IT et le juridique.

Pour les équipes IT dédiées au juridique, approuver un outil signifie valider sa sécurité, son intégration, sa capacité d’évolution et sa gouvernance. En plus de cela, il faut s’assurer qu’il soutient efficacement les workflows juridiques. Cette checklist présente dix critères que les équipes Legal IT doivent évaluer afin de sélectionner la bonne solution et d’éviter les risques à long terme.

1. Intégration dans l’écosystème de l’entreprise

L’un des premiers points analysés par les équipes IT concerne l’intégration globale avec les systèmes existants. Elles évaluent si le nouvel outil nécessitera des connexions supplémentaires avec des logiciels legacy et mesurent la complexité de la mise en œuvre. Cela inclut les fournisseurs d’identité, les systèmes ERP, les plateformes CRM ainsi que les outils collaboratifs. Notamment, cela concerne aussi ceux utilisés pour la gestion de projets. Les équipes Legal IT doivent examiner attentivement la manière dont l’outil juridique s’intègre dans l’architecture technologique globale de l’entreprise.

De solides capacités d’intégration réduisent les silos de données et les processus manuels. Une interopérabilité fluide limite les frictions et évite la création de systèmes déconnectés qui alimentent une collaboration désorganisée entre départements.

2. Alignement avec la gestion des identités et des accès

Le contrôle des accès figure parmi les priorités absolues des équipes IT. En collaboration avec la direction juridique, l’IT joue un rôle central dans la gestion des utilisateurs afin de protéger les informations et documents sensibles contre tout accès non autorisé. En tête de liste, les équipes IT doivent privilégier une solution compatible avec le SSO d’entreprise. De plus, elle doit permettre une gestion centralisée des utilisateurs.

Les équipes Legal IT doivent s’assurer que les droits d’accès sont alignés avec les politiques internes et peuvent être audités facilement à tout moment. Des rôles clairement définis, des permissions structurées et une compatibilité avec les fournisseurs d’identité existants sont essentiels pour maintenir la sécurité. Cela garantit aussi la conformité à l’échelle de l’organisation.

3. Une architecture de sécurité « by design »

La sécurité constitue un pilier non négociable pour les équipes IT lors de l’évaluation de nouvelles solutions. Pour l’IT juridique, la plateforme doit offrir un chiffrement robuste, un hébergement sécurisé et une documentation claire en matière de sécurité. La question de l’hébergement est particulièrement stratégique : l’IT et le juridique doivent déterminer où les données doivent être localisées. Cela permet de rester conformes aux exigences réglementaires des principales zones d’activité de l’entreprise.

Dans de nombreux cas, choisir un fournisseur proposant des options d’hébergement local constitue la solution la plus sûre et la plus conforme. Les équipes IT doivent exiger des normes de sécurité reconnues et des certifications documentées, plutôt que de simples déclarations générales. En outre, transparence et traçabilité sont des indicateurs clés d’une posture de sécurité mature.

4. Gouvernance des données et auditabilité

Un outil juridique doit répondre aux exigences IT en matière de propriété des données, de traçabilité et de pistes d’audit. Cela est directement lié aux enjeux de chiffrement et d’hébergement. Certaines régions, notamment en EMEA, imposent des exigences strictes en matière de gouvernance des données. Elles doivent respecter des réglementations locales spécifiques, telles que le DESC aux Émirats arabes unis.

Les équipes Legal IT doivent disposer d’une visibilité complète sur les accès aux données, les actions réalisées et les modalités de conservation des données selon les régions. Elles doivent également être en mesure d’expliquer clairement ces processus aux parties prenantes internes et aux clients.

5. Gouvernance et contrôle de l’IA

L’intelligence artificielle est de plus en plus intégrée aux plateformes juridiques, ce qui en fait un enjeu majeur de gouvernance IT. À mesure que les capacités de l’IA se développent, la nécessité d’un encadrement clair et de contrôles structurés s’intensifie.

Les équipes Legal IT doivent analyser la manière dont les modèles d’IA utilisent les données, vérifier si les données clients sont isolées, déterminer comment les résultats peuvent être audités et comprendre comment les risques sont gérés. L’IA doit soutenir le travail juridique sans créer de nouvelles zones d’exposition ou d’incertitude.

Une distinction essentielle concerne les modèles d’IA publics et privés. Les équipes Legal IT doivent savoir si la plateforme repose sur des modèles publics entraînés sur des ensembles de données partagés ou sur des environnements d’IA privés où les données de l’entreprise restent isolées et maîtrisées. Pour les cas d’usage juridiques, les environnements d’IA privés et de niveau enterprise constituent généralement l’option la plus sûre, garantissant la confidentialité et une meilleure protection des données.

6. Capacité d’évolution multi-entités et multi-régions

Les décisions en matière d’IT juridique doivent intégrer la croissance future. Une plateforme peut être déployée initialement dans une seule juridiction, mais elle doit pouvoir s’étendre à plusieurs entités, régions et langues sans nécessiter de refonte technique.

Pour l’IT juridique, la scalabilité signifie maintenir une cohérence en matière de gouvernance, de sécurité et de processus dans l’ensemble de l’organisation. L’architecture doit supporter un volume croissant d’utilisateurs, de documents et de transactions sans dégradation des performances ni limitations structurelles. La capacité d’évolution ne concerne pas uniquement la taille, mais la maîtrise de la complexité à mesure qu’elle augmente.

7. Déploiement, mise en œuvre et délai de création de valeur

Les équipes Legal IT doivent évaluer la rapidité avec laquelle la plateforme peut être déployée et configurée dans l’environnement existant. L’implémentation ne devrait pas nécessiter de personnalisation excessive ni de cycles d’intégration prolongés.

Un outil juridique doit générer de la valeur dans un délai raisonnable tout en respectant les standards IT internes. Des méthodologies d’implémentation claires, un onboarding structuré et des capacités de configuration bien définies permettent de limiter la pression sur les ressources Legal IT. Un déploiement efficace réduit les perturbations et accélère l’obtention d’un impact mesurable.

8. Fiabilité du fournisseur et feuille de route

Du point de vue de l’IT juridique, choisir un outil revient à s’engager dans un partenariat de long terme. La stabilité et la vision stratégique comptent autant que les fonctionnalités actuelles.

Les équipes IT doivent examiner la solidité financière du fournisseur, la fréquence des mises à jour produit et la clarté de sa feuille de route. Cela concerne notamment les améliorations de sécurité, les développements d’intégration et l’évolution de l’IA. Une feuille de route transparente témoigne d’un engagement durable et d’un alignement avec les besoins de l’entreprise.

En l’absence d’une vision produit claire et d’une innovation continue, les organisations s’exposent à des migrations futures ou à des transitions coûteuses, alors que l’objectif est de poser des bases solides sur le long terme.

Aller de l’avant ensemble

Choisir un outil juridique n’est plus uniquement une décision juridique. C’est une décision conjointe entre le juridique et l’IT, avec un impact à l’échelle de toute l’entreprise. Lorsque les équipes IT appliquent des critères d’évaluation clairs et collaborent étroitement avec la direction juridique, les organisations réduisent les risques. De plus, elles améliorent l’adoption et construisent des fondations digitales durables.

En définitive, les meilleures solutions juridiques émergent lorsque l’IT et le juridique travaillent en partenaires égaux pour sélectionner la solution la plus adaptée aux besoins de l’entreprise.