Cyberattaques et direction juridique : protéger les données confidentielles de l’entreprise

Les cyberattaques ne touchent pas uniquement les directions des systèmes d’information. Les directions juridiques sont aussi des cibles prioritaires. Elles centralisent des contrats sensibles, des stratégies contentieuses, des projets de fusion-acquisition et des échanges confidentiels avec les dirigeants.

La cybersécurité en entreprise concerne donc directement la fonction juridique. Une fuite de données peut provoquer un litige, compromettre une négociation ou exposer l’organisation à des sanctions. Les équipes juridiques doivent connaître les menaces, comprendre leurs responsabilités et choisir des outils adaptés.

Pourquoi les cyberattaques ciblent la direction juridique

La direction juridique concentre des informations à forte valeur :

  • contrats en cours de négociation ;
  • dossiers de contentieux et correspondances avec les avocats ;
  • projets d’acquisition, de cession ou de restructuration ;
  • données personnelles et informations réglementaires ;
  • documents du conseil d’administration et des comités.

Ces informations circulent souvent entre plusieurs équipes, cabinets d’avocats, experts et prestataires. Chaque accès supplémentaire doit être contrôlé. Un compte compromis ou un document envoyé au mauvais destinataire peut suffire à exposer un dossier entier.

Selon l’ANSSI, les entreprises françaises restent confrontées à des campagnes de phishing, à l’exploitation de failles et aux rançongiciels. Son panorama de la cybermenace permet de suivre les tendances et les incidents observés en France : consulter le panorama de l’ANSSI.

Les principales menaces pour les données juridiques

  • Phishing et vol d’identifiants : un message imitant un dirigeant ou un cabinet peut conduire à la divulgation d’un mot de passe.
  • Rançongiciel : des documents deviennent inaccessibles au moment d’une décision importante.
  • Erreur de partage : un fichier confidentiel est envoyé à une personne qui ne devait pas y accéder.
  • Compte d’un tiers compromis : un cabinet ou un consultant devient un point d’entrée vers les données de l’entreprise.
  • Appareil perdu ou volé : des documents restent accessibles sans protection supplémentaire.
  • Exploitation d’une faille : un logiciel non mis à jour permet l’accès à un espace documentaire.

La sensibilisation des utilisateurs reste nécessaire. Elle ne suffit pas seule. Les outils doivent aussi limiter les droits, tracer les activités et protéger les documents pendant leur stockage et leur transfert.

Conformité DORA et NIS2 : ce que les équipes juridiques doivent vérifier

DORA s’applique aux entités financières depuis le 17 janvier 2025. Le règlement encadre la résilience opérationnelle numérique, la gestion des risques TIC, les tests et le contrôle des prestataires technologiques. L’ACPR publie les informations utiles sur son application en France : consulter les ressources de l’ACPR sur DORA.

La directive NIS2 renforce les obligations de cybersécurité pour les entités concernées, notamment dans les secteurs essentiels. Les entreprises doivent examiner leur périmètre, leurs risques fournisseurs, leurs procédures de réponse et leurs obligations de notification. L’ANSSI présente les ressources françaises consacrées à NIS2 : consulter la page NIS2 de l’ANSSI.

Pour les équipes juridiques, la conformité DORA et NIS2 implique notamment de :

  • revoir les contrats conclus avec les prestataires TIC ;
  • vérifier les clauses d’audit, de continuité et de réversibilité ;
  • documenter les responsabilités de chaque partie ;
  • suivre les incidents et les actions correctives ;
  • conserver les preuves utiles aux contrôles ;
  • présenter les risques et les décisions aux instances dirigeantes.

Un outil ne rend pas automatiquement une organisation conforme à DORA ou NIS2. Il aide à centraliser les preuves, encadrer les accès et documenter les processus nécessaires.

Le rôle de la direction juridique dans la cybersécurité de l’entreprise

  1. Avant la signature : elle vérifie les engagements du prestataire, les droits d’audit, les niveaux de service et les conditions de sortie.
  2. Pendant la relation : elle suit les changements de périmètre, les sous-traitants, les incidents et les renouvellements.
  3. Lors d’un incident : elle coordonne les obligations contractuelles, réglementaires et de notification avec la DSI et le DPO.
  4. Après l’incident : elle documente les décisions, les actions correctives et les éventuelles réclamations.

Cette coordination demande une information fiable. Les contrats, politiques, comptes rendus et preuves d’accès doivent être retrouvés rapidement. Un référentiel dispersé entre des boîtes mail, des dossiers partagés et des fichiers locaux ralentit la réponse.

Comment protéger les données confidentielles

MesureObjectif
Authentification à deux facteursRéduire le risque lié au vol d’un mot de passe
SSO et gestion des identitésContrôler les connexions depuis l’annuaire de l’organisation
Droits d’accès granulairesDonner à chaque personne uniquement les accès nécessaires
Chiffrement au repos et en transitProtéger les données pendant leur stockage et leur transfert
Filigranes personnalisablesIdentifier les documents partagés ou imprimés
Restrictions d’impression et de téléchargementLimiter la diffusion de documents sensibles
Pistes d’activité et statistiquesSuivre les événements et les usages de la plateforme
Formation et procéduresRéduire les erreurs humaines et accélérer la réponse

Ces mesures doivent s’accompagner d’un plan de continuité et d’exercices réguliers. La sécurité ne se résume pas à un certificat ou à une fonctionnalité isolée.

Sécuriser les documents du conseil d’administration

Les documents du conseil présentent un niveau de sensibilité élevé. Les échanges par pièce jointe, les liens de partage permanents et les dossiers communs rendent difficile le contrôle des accès.

Le module Instances Digitalisées de la suite DiliTrust centralise les documents, les réunions, les votes et les procès-verbaux du conseil. Les fonctionnalités documentées comprennent l’authentification à deux facteurs, le SSO SAML, la gestion des permissions par document, les restrictions d’impression et de téléchargement, ainsi que des filigranes personnalisables.

La plateforme applique également un chiffrement des données au repos et en transit. Les fonctions de statistiques permettent de suivre les connexions, la consultation des documents, les réunions, les présences, les votes et les questionnaires. Les pistes d’audit au niveau de la plateforme contribuent à retracer les activités et les événements système.

DiliTrust indique que sa suite est certifiée ISO 27001:2017 et ISO 27701:2019. Elle dispose aussi d’un rapport SOC 2. Ces éléments peuvent contribuer à la documentation des contrôles attendus dans les cadres de cybersécurité. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une certification DORA ou NIS2.

Visuel recommandé : capture du module Instances Digitalisées présentant l’authentification à deux facteurs, les droits d’accès et les statistiques de consultation.

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Plan d’action pour la direction juridique

  1. Cartographiez les documents et les applications contenant des données confidentielles.
  2. Identifiez les personnes et les prestataires qui y ont accès.
  3. Activez l’authentification à deux facteurs et révisez les droits.
  4. Vérifiez les clauses de sécurité et de continuité dans les contrats TIC.
  5. Formalisez la procédure à suivre en cas d’incident.
  6. Testez la récupération des documents et des preuves.
  7. Présentez régulièrement les risques au comité de direction ou au conseil.

Cette démarche donne à la direction juridique une place claire dans la cybersécurité de l’entreprise. Elle rapproche aussi les équipes juridiques, DSI, RSSI, DPO et gouvernance.

FAQ : cyberattaques, cybersécurité et données juridiques

Pourquoi les cyberattaques ciblent-elles la direction juridique ?

La direction juridique détient des informations liées aux contentieux, aux contrats, aux acquisitions et aux décisions stratégiques. Ces données ont une forte valeur pour un attaquant. La diversité des utilisateurs, des cabinets et des prestataires augmente aussi le nombre d’accès à contrôler.

Quelles fonctionnalités rechercher pour protéger les données confidentielles ?

Recherchez au minimum l’authentification à deux facteurs, le SSO, des permissions granulaires, le chiffrement au repos et en transit, des filigranes personnalisables, des restrictions d’impression et de téléchargement, ainsi que des fonctions de suivi des activités. Vérifiez aussi l’hébergement, les certifications, la réversibilité et les procédures de support.

Un Board Portal suffit-il pour répondre à DORA et NIS2 ?

Non. Un Board Portal ne remplace pas un programme complet de conformité DORA ou NIS2. Il peut toutefois contribuer à la sécurité des documents de gouvernance, à la gestion des accès, à la traçabilité des activités et à la conservation des preuves. Les équipes juridiques doivent l’intégrer dans un dispositif plus large avec la DSI, le RSSI et le DPO.

Comment choisir un outil de cybersécurité pour une direction juridique ?

Commencez par les données traitées et les utilisateurs concernés. Vérifiez ensuite les contrôles d’accès, l’authentification, le chiffrement, le suivi des activités, l’hébergement, la réversibilité et les engagements du fournisseur. Testez enfin la solution sur un cas réel, par exemple un comité sensible ou un portefeuille de contrats TIC.

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