Que signifie réellement être agile en gouvernance ?

Introduction

L’agilité est un terme largement utilisé, que ce soit en marketing, en management ou dans les pratiques business en général. Mais en comprend-on vraiment le sens ? La véritable agilité ne se résume pas à la rapidité. Elle consiste à travailler de manière à réduire les frictions, à maintenir des processus fluides et, surtout, précis. C’est une structure qui permet d’aller vite — et non un chaos déguisé en efficacité. Dans le monde juridique, l’agilité joue également un rôle clé : la gouvernance agile existe bel et bien, même si ce n’est pas le premier concept que l’on associe spontanément à la gouvernance.

La gouvernance est souvent perçue comme lourde, lente et rythmée par des étapes interminables. Pourtant, les personnes qui en portent la responsabilité (directeurs juridiques, secrétaires de conseils, responsables juridiques seniors) sont précisément celles qui ont le plus besoin d’agilité. Elles gèrent des informations à forts enjeux, soutiennent la prise de décision des dirigeants et coordonnent des processus. Ces processus ne fonctionnent que si l’information est fiable et bien organisée.

La question est donc la suivante : comment l’agilité se traduit-elle concrètement en gouvernance ? À quoi ressemble-t-elle et quels résultats les responsables juridiques peuvent-ils en attendre ?

Trois signes d’une gouvernance agile

De meilleures décisions, grâce à une information claire

Une information propre et structurée est essentielle dans tous les domaines de l’entreprise. Lorsque les documents et les données sont dispersés (ou pire, uniquement détenus par certaines personnes) les conséquences peuvent être critiques. La gouvernance agile repose sur une information claire. Elle est classée, centralisée, structurée et organisée de manière compréhensible par tous, y compris les nouveaux arrivants.

Cela peut sembler évident, mais la mise en œuvre est souvent plus complexe qu’il n’y paraît. C’est notamment le cas pour les organisations disposant d’un long historique mais de pratiques peu structurées. Prenons l’exemple de l’une des tâches les plus importantes et parfois les plus répétitives : la gestion des réunions du conseil d’administration.

Avec une stratégie de gouvernance solide (définition des rôles, récurrence des réunions, priorisation des sujets…) et l’outil adapté, l’agilité s’installe naturellement. Ordres du jour centralisés, comptes rendus, résolutions et partage sécurisé des documents garantissent des décisions fondées sur une information alignée et vérifiée. Cela évite de se demander quelle est la bonne version d’un document, ce qui a été validé ou non. En d’autres termes, il devient plus simple de prioriser et de fixer des objectifs. Cela conduit à de meilleures décisions.

Moins de travail manuel et moins de tâches répétitives

Il est désormais établi que de nombreuses équipes juridiques perdent un temps considérable sur des tâches à faible valeur ajoutée. Notre enquête menée avec Above the Law en 2024 révèle que près de 90 % des avocats et professionnels du droit estiment que leur journée de travail est en partie, fortement ou presque entièrement accaparée par des tâches administratives. Cela se fait au détriment de missions juridiques à forte valeur stratégique.

Consacrer autant de temps à des tâches répétitives ne favorise en rien l’agilité de la gouvernance. Heureusement, il existe des moyens concrets de remédier à ce problème. Une fois l’information structurée et fiabilisée, il devient plus facile d’identifier les activités chronophages qui freinent le travail stratégique. Ces tâches sont généralement simples à repérer. Elles incluent revues manuelles, validations contractuelles répétées, collecte d’informations ou mise à jour de documents que personne n’apprécie maintenir.

La legaltech permet d’éliminer une grande partie de cette charge. En gestion contractuelle, par exemple, des workflows automatisés peuvent orienter les contrats vers les bons circuits de validation. Cela se fait conformément aux règles internes, sans relances manuelles. En gouvernance des conseils, la génération automatisée des comptes rendus réduit considérablement l’effort nécessaire après chaque réunion. Certains outils vont même jusqu’à envoyer automatiquement des synthèses aux participants concernés, supprimant ainsi une étape supplémentaire pour les équipes juridiques.

L’efficacité devient alors un choix structurel. Réduire le travail répétitif libère du temps et crée les conditions d’une véritable agilité en gouvernance.

La précision comme principe constant

En matière de gouvernance, la précision n’est pas une option. De simples incohérences peuvent rapidement se transformer en risques majeurs. Comme évoqué précédemment, l’agilité ne signifie pas aller vite à tout prix. Elle repose sur une telle précision que les équipes n’ont pas besoin de refaire le travail. La précision accélère tous les processus, d’autant plus lorsqu’elle est intégrée de manière continue aux données et aux informations de gouvernance.

Là encore, tout commence par une stratégie solide soutenue par une information fiable. Une information propre permet des mises à jour en temps réel et un suivi facilité. Résultat : aucune donnée obsolète ne vient ralentir les équipes ou les contraindre à tout vérifier systématiquement. Lorsque l’information est erronée ou incomplète, les processus se grippent. Lorsqu’elle est juste dès le départ, les décisions avancent sans hésitation.

Les outils de gestion du cycle de vie des contrats renforcent cette précision en empêchant la circulation de modèles obsolètes. Ils garantissent la présence des clauses obligatoires et capturent systématiquement les bonnes métadonnées. Les solutions de gouvernance des conseils remplissent le même rôle pour les documents de gouvernance. La précision devient une composante intégrée, et non une contrainte dépendant du temps disponible de chacun.

En définitive, plus l’information est fiable, plus l’organisation gagne en agilité.

La gouvernance agile est à portée de main

L’agilité en gouvernance n’est ni une mode ni un simple mot-clé. C’est un avantage opérationnel concret. Elle repose sur :

  • la clarté,
  • la précision,
  • la stratégie,
  • et les bons outils.

Les directions juridiques et les équipes dirigeantes peuvent intégrer ces principes pour rendre leur gouvernance plus agile. Le bon partenaire technologique renforce chacun de ces leviers. Ainsi, il aide les organisations à passer d’une gestion réactive des problèmes à une gouvernance proactive.

Il est essentiel de rappeler que la legaltech ne remplace pas le leadership en gouvernance. Elle le consolide, en apportant la structure nécessaire pour produire, à chaque étape, un travail précis, rapide et de haute qualité. that makes accurate, fast and high quality work possible every time.