M&A : devrions-nous nous inquiéter de l’émergence des SPACs ?

Le SPAC est une coquille vide qui sert à lever des capitaux en Bourse. Face à l’engouement pour les SPACs le secteur M&A doit-il être inquiet ?

 

M&A : Devrions-nous être inquiets de l’émergence des SPACs ?

Un SPAC (ou « Special Purpose Acquisition Company») sert à désigner une «société d’acquisition à vocation spécifique». La société en elle-même ne contient aucune activité ni aucun actif car elle n’existe que pour lever des capitaux en Bourse. Une fois ces capitaux obtenus, la société effectue des acquisitions. Pour autant, chaque SPAC affiche son secteur d’activité concerné par les acquisitions et les investisseurs qui sont intéressés peuvent fournir des fonds. La société rachète ensuite une entreprise qui n’est pas cotée en Bourse et utilise le nom de l’entreprise. Le marché des M&A doit-il être inquiet de l’émergence galopante des SPACs ? Eclairage dans cet article.

Le phénomène SPACs

Les SPACs se distinguent par le fait qu’elles lèvent des fonds en Bourse afin d’acheter des entreprises prometteuses. A l’origine, elles ont fait leur apparition aux Etats-Unis où elles sont très appréciées. Depuis quelques années, ces entreprises ont gagné l’Europe, où elles séduisent autant qu’elles interrogent. C’est à la fin de l’année 2020 que le phénomène SPAC a pris de l’ampleur en France avec la cotation en Bourse de 2MX Organic. Cette opération a été la plus conséquente de toute l’année, avec la levée de 300 millions d’euros.

Il faut dire que les avantages d’une SPAC sont bien réels, tant du côté des investisseurs que des sociétés. Ces dernières, à l’origine non cotées, peuvent entrer en Bourse sans passer par le processus long et périlleux de l’introduction. De leur côté, les investisseurs bénéficient de solides garanties par les sociétés cotées et font des opérations de « Private Equity ». En outre, puisque les SPACs possèdent un volume important de fonds en cash, elles peuvent réagir très rapidement et ne manquer aucune opportunité d’acquisition.

L’impact des SPACs

Dans un SPAC, l’investisseur achète en priorité une idée. Cela explique pourquoi ce type de société, qui est un véritable véhicule d’investissement, repose en priorité sur la notoriété et les compétences des différents acteurs. Dans la société 2MX Organic qui a réussi à lever 300 millions d’euros de fonds en 2020, la réussite de l’opération repose avant tout sur la notoriété de ses acteurs.

Lorsqu’une start-up souhaite fusionner avec un SPAC, cela apparaît plus commode pour entrer en Bourse puisque moins complexe en termes de procédures. La start-up peut également négocier le tarif avec le SPAC, en évitant d’être confrontée aux aléas souvent rudes d’une introduction boursière. Face à cette frénésie des SPACs, l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) a créé une alerte sur des conflits d’intérêt possibles entre les actionnaires et les promoteurs des SPACs.

Le M&A, toujours d’actualité malgré le succès des SPACs

Face à ce vaste engouement pour les SPACs, le secteur M&A doit-il craindre le futur ? Rien n’est moins sûr puisqu’en réalité les SPACs ne constituent qu’une petite partie des collectes de fonds pour les entreprises privées.

D’après une étude menée en 2020 par le cabinet Deloitte, les SPACs ne représentent que 8 % de la valeur totale des transactions sur toute cette année dans le secteur technologique. Dans ce même secteur, les acquisitions d’entreprises stratégiques constituent 65 % au total des transactions. Bien que les accords SPACs aient grimpé en flèche entre 2019 et 2020, ils restent tout de même minoritaires, ce qui ne devrait pas créer d’inquiétude particulière. La force des fusions et acquisitions traditionnelles n’est pas prête de dire son dernier mot. D’après cette même étude, le volume de fusions et acquisitions dans le secteur de la technologie a augmenté de près de 88 % en valeur sur l’année 2020, contre 19 % pour les introductions en Bourse classiques.

La digitalisation des processus M&A

Entre mars 2018 et février 2021, la valeur des opérations M&A des SPACs dans le monde a grimpé en flèche, passant de 3 milliards de dollars en mars 2018 à 108,5 milliards de dollars en février 2021. Rien qu’entre janvier et février 2021, la valeur des opérations est passée de 42 à 108,5 milliards, soit une hausse fulgurante (Source : statista 2021).

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